« Mes commentaires sur la vie politique nationale sont rares. Aujourd’hui, le sujet est suffisamment grave pour être balayé comme une anecdote. 2027 sera une année l’électorale importante. Et parce que nous avons aussi besoin d’espoir, je décide de partager ma réaction.
Choisir la République contre la violence : l’urgence d’une gauche républicaine
Barbara Butch et son avocate, Audrey Msellati, s’exprimaient hier soir dans une tribune à la suite des violences verbales et physiques qui ont visé à neutraliser son set lors d’un festival à Grenoble : « Nous demandons que demeure vraie cette idée française, simple et immense : on peut se combattre par les mots sans jamais se retrancher mutuellement de la République. »
Serait-ce là une définition de la liberté universelle ? C’est, en tout cas, le sens même de mon engagement : combattre sans relâche toutes les formes de violence tout en défendant, avec la même fermeté, le droit à la différence.
Parler de « vivre-ensemble » fait souvent rire — ou au mieux sourire —, comme s’il s’agissait d’un idéal naïf ou d’une utopie dépassée. C’est pourtant ce principe fondamental qui devrait nous guider : apprendre à s’accepter et à coexister avec nos différences, mais aussi avec nos différends.
À Saint-Nazaire, c’est précisément ce combat pour l’ouverture que nous menons, par exemple lorsque nous nous battons pour permettre à des musiciens ukrainiens bloqués à la frontière d’arriver jusqu’au Petit Maroc, afin de se produire au Festival Les Escales. Car le projet artistique de l’association repose avant tout sur la découverte musicale et culturelle des peuples du monde.
La vie publique serait fade sans débat et sans confrontation d’idées. Mais entre personnes éclairées et civilisées, ce sont les mots et les actes pacifiques qui doivent exprimer nos opinions et animer la cité. En aucun cas la haine, les jets de pierres, les bris de verre — et demain, quelles armes encore ?
Cette escalade de la violence est attisée par des forces politiques qui légitiment, voire orchestrent, ces agressions car elles pensent, cyniquement, y trouver un ressort politique dans la future séquence présidentielle.
Dans ce malheureux épisode, c’est la France Insoumise qui fait preuve d’une irresponsabilité totale. Ou plutôt d’un choix parfaitement conscient de jouer avec les lignes de fracture de notre société et de participer encore une fois à la banalisation de la violence politique.
Comment Jean-Luc Melenchon et ses proches peuvent-ils envisager diriger la France alors qu’ils passent leur temps à attiser les tensions plutôt qu’à prendre soin de notre société ? À cet égard, j’attends avec intérêt l’expression publique du député LFI de la 8ème circonscription, ancien directeur de cabinet adjoint de M. Melenchon, parachuté à Saint-Nazaire, terre de valeurs humanistes, de tolérance et de solidarité.
Aucune alliance de gauche, aucun front populaire de gauche ne peut décemment faire cause commune avec La France Insoumise tout en prétendant offrir à notre pays l’espoir d’une société libre, laïque, multiculturelle et ouverte sur le monde. Nous devons demeurer le pays des Lumières : une nation où chaque citoyenne et chaque citoyen trouve pleinement sa place, quels que soient son origine, son genre, son orientation sexuelle, son apparence physique, son âge ou sa condition sociale.
Mon combat, en tant que responsable politique de gauche, est celui-ci et n’est que celui-ci. C’est pourquoi je soutiendrai et parrainerai la candidate ou le candidat de gauche qui fera le choix intransigeant de la République contre la haine et la violence, pour redonner confiance aux Français et défendre avec conviction les intérêts économiques, sociaux et environnementaux de la France et de l’Europe. »
David Samzun, Maire de Saint-Nazaire