Je condamne fermement les violences qui ont eu lieu à Troyes et dans notre agglomération la semaine dernière au cœur des manifestations lycéennes et appelle au calme, à la raison et à la responsabilité pour les mouvements annoncés.
Si l’inquiétude des lycéens pour leur avenir portant notamment sur la surcharge des classes, le manque de professeurs ou des problèmes d’organisation, doit légitimement être écoutée et entendue, il appartient à l’État via l’Éducation Nationale de nouer rapidement ce dialogue et d’apporter des réponses appropriées pour l’apaiser.
Si manifester est un droit fondamental, il ne saurait justifier l’envahissement d’un lycée en détruisant une clôture, l’arrachage et le brûlage de mobilier urbain qui appartient à tous, le tir de mortier sur un proviseur, la destruction à la batte de baseball de véhicules de la Police Nationale et les mots d’ordre de venir masqués, non pour résister « aux effets des lacrymogènes » mais pour ne pas être identifiés.
Si l’effet de groupe produit parfois des actes qui n’auraient pas eu lieu seul, puisque la majorité des manifestants et des jeunes interpellés étaient mineurs, je veux rappeler la responsabilité tant pénale que financière des parents de ces enfants.
Depuis le début du mouvement, j’ai demandé aux services de la collectivité de chiffrer les destructions afin que les auteurs de ces faits, et donc leurs parents avant leur 18 ans, soient poursuivis. Nous sommes, avec l’équipe municipale, fermes et déterminés sur ce point.
Il n’est pas tolérable que les agissements de quelques-uns privent l’ensemble des habitants de l’espace public et en abîment les aménagements et matériels.
Si nous voulons éviter que les enfants ne se retrouvent en face de la Police, c’est d’autorité dont doivent faire preuve leurs parents.
C’est aussi une responsabilité morale du respect du pacte républicain. Comment expliquer aux enfants confinés dans des accueils de loisirs ou des crèches qu’ils ne peuvent sortir car les « grands » ont choisi de casser ou brûler « pour se faire entendre », que les habitants n’ont plus de poubelles, brûlées pour établir des barricades, que les bancs ou l’on se retrouvait ont été arrachés pour frapper?
Puisque des blocus sont encore annoncés pour ces prochains jours, et afin d’éviter que cela ne se poursuive, nous souhaitons rappeler aux riverains et aux bailleurs la nécessité de rentrer leurs poubelles afin qu’ils ne servent pas de projectiles ou d’allume-feux.
Pour éviter que ceux qui souhaitent étudier ne se trouvent pénalisés par ce mouvement, il semblerait sage, comme trois établissements l’ont déjà décidé, que les cours puissent se tenir en distanciel dans les lycées ces prochains jours.
Il appartient aussi aux partis politiques de ne pas instrumentaliser les uns et les autres et de faire barrage, dans un esprit de responsabilité, à toute forme de violences plutôt que de les attiser ou les organiser.