Têtière

Je viens d’apprendre, avec une immense tristesse, le décès de mon ami Michel Soufflet. 

Michel Soufflet fait partie des personnalités qui marquent une vie. 

Son regard exigeant et bienveillant a accompagné mon parcours. 

Michel Soufflet a toujours fait partie des proches de ma famille. 

Mon père et lui se connaissaient depuis 1960, ils avaient fêté leur 50 ans ensemble. 

Michel Soufflet avait accepté de participer à la liste victorieuse que mon père avait conduite pour les élections municipales de Nogent-sur Seine en 1983. 

Pour l'enfant que j'étais quand je l'ai connu, il était un géant.

Pour l'homme que je suis, il l'est resté; par son charisme, son autorité naturelle, son amour du travail bien fait et sa détermination. 

Michel Soufflet, dont l’histoire se confond avec la ville de Nogent-sur-Seine, où il est né en 1930, a été un très grand capitaine d’industrie. 

De l’entreprise familiale, héritée de son grand-père et de son père, il a fait un empire de l’agroalimentaire et du négoce de céréales, présent dans plus de 18 pays, passant de 7 salariés à 7 000. 

De Nogent-sur-Seine il avait fait son fief. 

Chef d’entreprise visionnaire, il a développé notamment les Grands Moulins de Pantin, des malteries, des boulangeries industrielles, des biotechnologies, un savoir-faire industriel agroalimentaire tourné vers l’innovation qui ont fait rayonner la France et Nogent-sur Seine dans le monde entier. 

Travailleur infatigable, acharné, sa vie s’est confondue avec celle de son entreprise qu’il a dirigée pendant plusieurs décennies avant de passer la main à son fils Jean-Michel en 2001. 

Il continuait néanmoins à venir chaque jour dans son bureau, forçant l’admiration et le respect des nombreux collaborateurs qui l’ont accompagné, par ses capacités de travail et son énergie mise au service d’un destin extraordinaire.

La France perd l'un de ceux qui la faisaient rayonner, l'un de ceux dont le nom se confond avec l'histoire de notre pays. 

En mon nom personnel et au nom du Conseil municipal de Troyes et du Conseil communautaire, j'adresse toute mon affection à son fils Jean-Michel et à sa compagne Françoise. 

En cet instant, je pense aussi à sa fille Laurence et à ses collaborateurs de toujours, à tous ceux qui dans le Nogentais, dans l'Aube, dans l'ensemble du monde agricole de notre pays et d'ailleurs, comme moi, ressentent une peine infinie.

 

François Baroin

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