Têtière

J’apprends avec émotion la disparition de l’ancien garde des Sceaux Robert Badinter à l’âge de 95 ans.

Par son histoire personnelle, Robert Badinter a d’abord été marqué par la tragédie de l’antisémitisme qu’ont eu à connaître les juifs français et européens lors de la seconde guerre mondiale. Cette expérience a façonné l’humanisme dans lequel il s’est construit.

Par les nombreux combats qu’il aura portés, au premier rang desquels figure celui de l’abolition de la peine de mort en France, cet éminent juriste, ancien président du Conseil Constitutionnel, aura marqué l’histoire politique de notre pays.

Je n’oublie pas le lien qui unit Robert Badinter à Troyes. Il fut, avec son confrère Philippe Lemaire, l’avocat de Georges Bomtens, détenu de la Maison centrale de Clairvaux, qui fut parmi les derniers condamnés à mort en France, lors d’un procès qui se déroula en juin 1972 à Troyes. Cette affaire forgea définitivement la conviction de Robert Badinter en faveur d’une justice humaine.

Il fut 5 années plus tard, celui qui fit basculer la cour d’Assises de Troyes qui jugeait Patrick Henry, par ces mots: « Il y aura d'autres crimes atroces, parce qu'il y en a toujours eu. Et puis un jour, dans dix ans, dans quinze ans, la peine de mort sera abolie en France, comme elle l'est à peu près partout. » Il fit ainsi du procès du meurtrier du petit Philippe Bertrand celui de la peine de mort.

Je veux rendre hommage à l’homme à l’intelligence si vive et au verbe si précis, à la trace et à la marque qu’il laisse dans l’histoire démocratique de notre pays.

Mes pensées les plus sincères accompagnent sa famille et ses proches.

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