A l’heure où Denis Mailier, las des lourdeurs administratives et du peu de reconnaissance de la fonction, annonce sa démission de la présidence de l’Association des maires ruraux de l’Aube, je veux lui redire toute notre gratitude et nos remerciements.
Merci pour ces 22 ans à la tête de l’AMRA, pour avoir accepté de donner de son temps pour être la voix de ses collègues maires ruraux dans notre département.
Merci aussi de s’être totalement engagé, depuis des années pour le développement du village d’Avant-lès-Ramerupt ; la plus belle récompense étant la confiance renouvelée des habitants alors même qu’il avait souhaité ne pas se représenter en 2020 pour ce mandat devenu trop lourd.
Merci enfin d’avoir consacré une longue partie de sa vie au service d’un intérêt qui nous dépasse, nous les maires qui ne sommes que des passeurs pour les générations futures, pour faire du bien commun l’unique sens de son action quotidienne.
Je veux aussi lui dire mon soutien et combien son geste fort, parle aujourd’hui à beaucoup de maires.
J’ai malheureusement reçu, depuis l’annonce de sa démission avant l’issue de son mandat, d’autres témoignages de maires qui dans notre département « s’arrachent les cheveux », ont envie de « jeter l’éponge » et jugent ce « malaise » profond et sa prise en compte rapide par l’Etat indispensable.
S’il apporte bien des joies de voir une action concrète et la vie des habitants améliorée, s’engager pour les autres ressemble parfois à un sacerdoce, à un chemin de croix semé d’embûches administratives, financières, juridiques et réglementaires, de manque de respect, qui peut aller jusqu’à l’agression ou l’assassinat d’un élu comme on a malheureusement pu le vivre.
Sans maires, sans relai, la République ne tient pas.
Parce que nous sommes tous les jours, parfois la nuit, aux côtés des habitants de nos communes.
A deux ans des prochaines municipales, face au cri d’alarme d’élus désemparés, qui ont donné sans compter, au mépris parfois de leur santé, en sacrifiant pour certains leur vie de couple ou de famille et qui sont à bout malgré leur combativité et leur foi dans le bien commun, le danger est grave.
Face à la crise des vocations que ces témoignages annoncent, si demain, le « statut attractif de l’élu local » que Denis Mailier réclame, n’était pas enfin imaginé, l’Etat se retrouverait sans serviteurs.
Les maires réunis en ce moment même à Paris en Congrès ont choisi pour thématique « Communes attaquées, République menacée ».
Alors même que l’actualité nous pousse à réaffirmer nos valeurs de Fraternité, de Liberté et d’Egalité, la République est face à un danger d’effondrement interne imminent.
L’Etat ne peut plus fermer les yeux.
Nous devons cela aux maires qui accepteront de continuer à relever ce défi, aux habitants de nos communes et enfin à notre modèle Républicain.
François Baroin, Maire de Troyes et Président de Troyes Champagne Métropole.