C’est avec une immense tristesse que j’ai appris le décès de Pierre Pomez.
Si l’homme auquel je veux rendre hommage aujourd’hui était un très grand commissaire-priseur passionné par son métier, Pierre Pomez était avant tout pour le petit garçon que j’étais quand je l’ai rencontré, avec son épouse Jeanne, un ami de mes parents, d’une culture immense, qu’il avait plaisir à partager.
S’il a commencé sa carrière de commissaire-priseur en 1955, il forma à partir de 1962 avec André Boisseau qui fut longtemps Président de la chambre nationale des commissaire-priseur, et jusqu’en 1994, date de leur retraite, un duo emblématique de la salle des ventes de la rue de la Paix.
Des passions et des savoirs complémentaires : quand André Boisseau était spécialisé dans les armes anciennes, la numismatique ou les meubles régionaux, Pierre Pomez était un éminent spécialiste en bijoux, argenterie, livres anciens ou encore tableaux.
Président de l’association des Amis des musées durant un quart de siècle, il avait mis ses connaissances et son réseau au service des musées troyens. Bien conscient qu’un musée ne vit que par l’enrichissement de ses collections, il repérait les oeuvres avant d’en fait don, via l’association, à nos musées qu’il a considérablement contribué à faire évoluer.
Son amour de l’Art avait bien des formes. Administrateur de la Maison du Boulanger dès la création du centre culturel en 2011, siégeant au collège des personnalités qualifiées, mission qu’il suivait avec assiduité, ce grand amateur de théâtre, tant d‘auteur au théâtre de la Madeleine que des comédies présentées au théâtre de Champagne, se révélait très ouvert sur toutes les formes d’expressions culturelles.
Mais Pierre Pomez, pour tous ceux qui l’ont connu, c’est aussi et surtout, un sourire en coin ourlé d’une fine moustache, des yeux malicieux et un humour pince-sans-rire qu’il a d’ailleurs transmis à ses fils. Une distinction, une amabilité et une courtoisie naturelles, un flegme presque britannique qui se traduisait dans son vêtement et son allure.
Son élégance, son esprit vif et sa culture vont nous manquer.
Je tiens à assurer à son épouse Jeanne, ses enfants Thierry et Olivier et ses petits-enfants qu’il aimait tant, au nom des Troyens, du Conseil municipal dont plusieurs membres étaient des proches et en mon nom personnel, de ma tendresse et de mon soutien.
C’est d’ailleurs, comme un clin d’oeil, avec son marteau que Pierre-Léonard, son petit-fils - aujourd’hui relève de la salle des ventes - tient ce samedi 18 avril en partenariat avec le club de l’Estac, la vente aux enchères caritative en faveur des soignants mobilisés pour le COVID-19.